MON VRAI MÉTIER, C’EST LA NUIT

Création 2020
Pièce de danse pour 2 danseurs, durée
: 40 minutes
Chorégraphie et interprétation : Jeanne Alechinsky & Yohan Vallée
Scénographie et création lumière : Léo Lévy-Lajeunesse
Création costumes : Anna Carraud
Création sonore : Nicolas Rouleau
Régisseur lumière : Corto Tremorin
Chargée de diffusion : Camille Cabanes
Production : Appel d’Air
Coproduction : L’étoile du nord, scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, Paris
Partenaires : micadanses, Paris – Le Silo, Méreville – Regard du Cygne, Paris –  Atelier de Paris/CDCN – Théâtre de Vanves / Scène conventionnée d’intérêt national « Art et création » pour la danse et les écritures contemporaines à travers les arts – L’Essieu du Batut, Murols – Garage29, Bruxelles
La compagnie est accompagnée par Danse Dense

DOSSIER ARTISTIQUE

Deux êtres dans un espace où la lumière vacille. On entend les grondements de glaciers qui se défont. Ils avancent, incertains, afin de partager avec le monde leur part d’ombre, leur indicible, ce qu’ils ne savent pas encore, ce qui en eux est là mais pas tout à fait formulé, ce qui pensait ne pas être écouté et qui trace en secret des chemins de transformation.
Ce duo, en utilisant la forme d’une partition partiellement écrite avec des moments improvisés, s’occupe de l’obscur en soi. Obscur, mais pas au sens de terrible ou dangereux, obscur comme le lieu où fourmille nos devenirs, nos forces, notre besoin de consolation, notre joie, obscur comme la première poussée, le lieu des possibles et des chemins de traverse.
S’emparant ainsi de la notion de minorité visible et invisible, Mon vrai métier, c’est la nuit pose la question de la quantité d’écoute accordée à l’ombre, elle qui ne crie jamais, et par extension à ceux qui ne sont pas conformes, ceux qui débordent les cases ou qui ne rentrent dans aucune, qui ne jouent pas le jeu de l’intégration soit parce qu’ils ne le veulent pas, soit parce qu’ils ne le peuvent pas, et dont l’expression est muselée ou volontairement ignorée.

Que se passe-t-il quand on choisit d’aller avec ce qui se tait au sein de nos corps même, avec ce qui ne se met pas en lumière, ce qui est caché ? Quelle est la voix de l’ombre, et puisqu’elle soutient tout, comment pouvons-nous lui laisser la place qu’elle demande ? Comment manifester l’engagement du côté du non-visible ?
Par-delà le langage des mots, le corps prend alors le relai, permettant une évasion salvatrice dans un monde où le visible, l’explicable, et le régime de l’image règnent en maîtres. En ne cherchant pas à faire beau, à rentrer dans la norme imposée par la représentation, les danseurs font alliance avec la minorité en eux afin d’accueillir ce qui murmure dans leurs parts secrètes. Prendre le temps de se perdre dans l’obscur afin d’activer un chemin de résistance face à la pression de la définition de soi.

Il sera question de solitude et de peau renversée.
Il sera question de promener un halo sur une paroi.
Il sera question de souterrain.
Il sera question de défaire.
Il sera question de noir.
Il sera question de magnolias.
Il sera question de scintillements sur une étendue d’eau, la nuit.